Léopold Senghor – Art et poésie au 20e siècle
Accrochage temporaire
Du 23 mai au 6 septembre 2026
Cabinet des arts graphiques - Musée d’Art moderne - Collections nationales Pierre et Denise Lévy
Le cabinet des Arts graphiques, écrin feutré à la lumière tamisée, propose deux fois par an un nouvel accrochage de dessins, d’aquarelles, de gravures ou de photographies, pour offrir ainsi un accès privilégié à ces collections fragiles, et sensibles à la lumière.
Le poète, intellectuel et homme d’État Léopold Sédar Senghor (1906-2001) figure parmi les écrivains les plus illustrés du 20ᵉ siècle. D’origine sénégalaise, Senghor se distingue par son excellence académique. Première personne d’origine africaine reçue à l’agrégation, il est successivement député français, secrétaire d’État, puis élu, le 5 septembre 1960, premier président de la République du Sénégal indépendant.
Durant les années 1930 à Paris, il cofonde le mouvement intellectuel et littéraire de la Négritude avec Aimé Césaire et Léon-Gontran Damas, visant à affirmer et valoriser l'identité et la culture africaines, en réponse au racisme et à la culture coloniale. Léopold Sédar Senghor a utilisé la poésie dans son engagement. Ses textes explorent des thèmes majeurs, allant de l’identité personnelle au drame de la colonisation, de la souffrance des peuples noirs à la résilience et à la permanence des civilisations africaines. Sa poésie se veut ainsi un instrument de libération et de dialogue, visant à unir tous les peuples dans une « Civilisation de l'Universel ».
Les Élégies majeures désignent un ensemble de poèmes longs et solennels que Senghor choisit de réunir en 1975, afin d’en faire de prestigieuses éditions d’art illustrées par de grands peintres contemporains. Convaincu de la fécondité du dialogue entre poésie et arts plastiques, il en confie l’illustration à Alfred Manessier, Hans Hartung, Pierre Soulages, Zao Wou-Ki, Maria Helena Vieira da Silva et Étienne Hajdu, qui prolongent et interprètent le verbe poétique par des gravures et lithographies abstraites.
Publié en 1945, Chants d’ombre marque l’entrée de Senghor sur la scène littéraire parisienne. En 1976, le poète collabore avec André Masson, qui conçoit un dessin au sable pour l’emboîtage de l’ouvrage, prolongeant le dialogue entre texte et image.
Exposées dès 1978 à la Bibliothèque nationale de France, puis au musée du Quai Branly en 2023, ces œuvres, ayant rejoint les collections grâce à un généreux don, sont présentées pour la première fois dans le nouveau cabinet d’arts graphiques du MAM. Elles offrent un exemple exceptionnel de la rencontre entre poésie et arts visuels, au cœur d’un projet esthétique et humaniste.
Cabinet des arts graphiques
Musée d’Art moderne – collections nationales Pierre et Denise Lévy
14 Place Saint Pierre
Tél. 03 25 76 26 81
Tous les jours sauf les lundis de 10h à 18h